Réformer les institutions bruxelloises : oui, mais pas n'importe comment (Carte blanche)
Olivier Willocx, député bruxellois MR, soutient une réforme des institutions bruxelloises, mais juge indispensable d'associer les partis néerlandophones dès le départ. Il estime que la véritable simplification passe surtout par une réduction des structures institutionnelles, plutôt que par la seule baisse du nombre de députés.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Olivier Willocx soutient le principe d'une réforme des institutions bruxelloises, mais juge indispensable d'associer les partis néerlandophones dès le départ. Selon lui, la priorité doit porter sur la simplification des multiples assemblées bruxelloises afin de renforcer l'efficacité des institutions tout en préservant les garanties accordées à la minorité flamande.
Clémentine Barzin a raison sur le fond, évidemment.
Un parlement de 89 députés pour une région d'un million d'habitants, c'est un héritage d'un autre temps. La volonté de simplifier, de réduire les coûts et de moderniser notre système électoral, c'est du bon sens — et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles j'ai rejoint le MR : un parti qui ose poser les questions institutionnelles que d'autres préfèrent éviter.
Mais je veux être honnête sur la méthode et sur l'ambition.
Sur la méthode d'abord
Lancer ce débat par voie de presse n'est pas toujours la meilleure façon d'aboutir.
Une réforme des institutions bruxelloises ne se décrète pas : elle exige une majorité spéciale au niveau fédéral, et donc l'adhésion des partis flamands. Or, chacun connaît leur attachement légitime aux garanties dont bénéficie la minorité néerlandophone à Bruxelles : la représentation garantie, le double collège, la parité au gouvernement.
Ces protections ne sont pas des privilèges — elles sont le fruit d'un équilibre patiemment négocié, et la condition de la confiance flamande dans le projet bruxellois. Toute réforme qui donnerait le sentiment, même à tort, de vouloir les affaiblir est condamnée d'avance. Si nous voulons réussir, ce débat doit commencer par une main tendue vers nos collègues néerlandophones, pas par un chiffre dans un journal.
Sur l'ambition ensuite
Réduire le nombre de députés régionaux, c'est bien. Mais restons lucides : 15 millions par an, c'est un symbole plus qu'une révolution budgétaire. Le vrai débat, celui que personne n'ose vraiment ouvrir, c'est la superposition des assemblées et des structures à Bruxelles : le Parlement régional, l'Assemblée de la Commission communautaire française, celle de la Commission communautaire flamande, l'Assemblée réunie de la Commission communautaire commune.
Quatre assemblées, avec les cabinets, les administrations, les fonctions spéciales et les avantages qui les accompagnent — ces fonctions spéciales dont le MR, comme tous les autres partis, raffole — pour un territoire de 162 km². Avons-nous vraiment besoin d'un deuxième ou d'un troisième vice-président à la COCOF ?
C'est là que se trouve la véritable économie
Pas seulement en euros, mais en lisibilité démocratique : qui, parmi les Bruxellois, francophones comme néerlandophones, sait encore quelle assemblée décide de quoi ?
Et c'est précisément là qu'un accord avec les partis flamands est possible. Car cette simplification n'est pas une menace pour les néerlandophones de Bruxelles — elle peut être une opportunité. Une architecture plus simple, avec des garanties renforcées et clairement ancrées pour la minorité flamande, protège mieux ses droits qu'un enchevêtrement de structures que plus personne ne maîtrise. Simplifier n'est pas effacer : c'est consolider ce qui compte et supprimer ce qui alourdit.
Alors oui, ouvrons ce débat. Mais ouvrons-le sérieusement : en intrabruxellois d'abord, avec les huit partis démocratiques, francophones et néerlandophones, autour d'une même table. Sereinement, sans tabou, mais avec une règle claire : aucune communauté ne doit y perdre, et tous les Bruxellois doivent y gagner.
C'est cela, la vraie réforme. Et c'est maintenant qu'il faut la préparer mais pas comme cela …