La gauche a passé un siècle à bouffer du curé et maintenant elle refuse de combattre les islamistes et les communistes (carte blanche)
Cette semaine, plusieurs partis se sont réunis autour de Paul Magnette pour discuter de cette fameuse “Charte de la démocratie”, de cordon sanitaire et de lutte contre les extrémismes. Georges-Louis Bouchez a refusé de participer à cette réunion tant que certains refusent de parler aussi de l’extrême gauche et des partis communautaristes.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
L’auteur dénonce ce qu’il considère comme l’hypocrisie de la gauche belge : elle focaliserait son combat sur l’extrême droite tout en fermant les yeux, pour des raisons idéologiques ou électorales, sur l’extrême gauche, le communisme et certaines formes de communautarisme ou d’islamisme. Il appelle à une cohérence dans la défense des valeurs démocratiques et à une lutte équitable contre tous les extrémismes.
Et honnêtement, comment peut-on donner tort à Georges-Louis Bouchez ?
Une carte blanche de Simão Pedro Ramalho De Almeida, membre des Jeunes MR Bruxelles.
Depuis des années, la gauche belge nous explique qu’il existe un extrême dangereux, un seul, et qu’il faudrait construire toute la vie politique autour de cette obsession permanente. Très bien. Combattons l’extrême droite. Aucun problème avec ça. Sauf qu’à un moment, il faut arrêter de prendre les gens pour des idiots.
Parce que pendant que le PS parle de cordon sanitaire matin, midi et soir, ce même PS vote parfois avec le Vlaams Belang quand ça l’arrange juste pour ralentir ou bloquer la majorité. Ce même PS monte des majorités locales avec le PTB dans plusieurs communes.
Ce même PS explique qu’il faut défendre la démocratie face aux “extrêmes”, mais continue de considérer un parti marxiste révolutionnaire comme un partenaire fréquentable.
À un moment, il faut choisir
- Soit les extrémismes sont un danger en soi.
- Soit ils deviennent acceptables quand ils viennent de la gauche.
Parce que non, les ennemis des sociétés libérales, des Lumières, de l’Occident et de la démocratie ne se trouvent pas uniquement à l’extrême droite. Il existe aussi une extrême gauche qui passe son temps à relativiser les régimes autoritaires quand ils sont “anti-occidentaux”, à défendre des mouvements dont la seule cohérence idéologique est la haine de l’Occident libéral, du capitalisme, des États-Unis ou d’Israël.
On parle de gens qui voient encore le communisme comme une idéologie fréquentable malgré des dizaines de millions de morts au siècle dernier. Imaginez juste deux secondes un parti qui relativiserait autant les crimes du fascisme. La Belgique entière serait dans la rue.
Mais quand il s’agit du communisme, silence radio.
Cette gauche a passé des années à transformer certaines communautés en clientèles électorales intouchables. En jouant constamment sur les peurs, sur les émotions, sur la diabolisation permanente d’un seul camp, elle essaye de faire croire que l’extrême droite serait l’unique danger qui menace nos sociétés.
Mais non.
L’extrême droite n’est pas le seul danger.
Il y a aussi cette extrême gauche qui continue encore aujourd’hui à relativiser ou à minimiser des idéologies qui ont pourtant provoqué des dizaines de millions de morts partout dans le monde.
Il y a peu, une publication des Jeunes MR Bruxelles a créé une polémique parce qu’elle rappelait justement cette réalité historique. Certains ont crié au scandale parce qu’on “ramenait les gens à leurs origines idéologiques”. Mais le fond du problème est ailleurs : une partie de la gauche essaye constamment d’édulcorer ce qu’a été le communisme réel.
Pourtant, les faits sont là
Le communisme a produit des régimes autoritaires, des persécutions politiques, des goulags, de la misère économique, des sociétés bloquées pendant des décennies et un appauvrissement massif de populations entières. Et aujourd’hui encore, certains continuent à présenter cette idéologie comme quelque chose de fréquentable.
L’Europe a besoin de croissance, d’innovation, de liberté économique, de stabilité et de progrès. Pas du retour d’idéologies qui ont échoué partout où elles ont été appliquées.
Et puis il y a aussi cette autre hypocrisie immense que beaucoup refusent de regarder en face : le communautarisme politico-religieux.
Parce qu’il faut quand même oser parler de “défense de la démocratie” quand, dans le même temps, certains refusent de reconnaître les dérives de partis comme la Team Fouad Ahidar.
Pendant la campagne, tout le monde a vu ce qu’il se passait. Instrumentalisation permanente du conflit israélo-palestinien dans une élection régionale bruxelloise. Rhétorique communautaire assumée. Discours calibrés pour aller chercher un électorat religieux précis. Ambiguïtés constantes sur certaines valeurs fondamentales.
Et le plus fou, c’est que ceux qui ont passé des décennies à combattre l’influence de l’Église catholique dans la société belge deviennent soudainement d’une prudence incroyable dès qu’il s’agit de combattre l’islamisme ou certaines formes de communautarisme musulman.
Pendant 100 ans, une partie de la gauche a bouffé du curé matin et soir disait le Sénateur Français Claude Malhuret.
Mais aujourd’hui, face aux islamistes, plus personne
Silence.
Plus de courage.
Plus de grandes leçons.
Plus de grands principes.
Pourquoi ?
Parce qu’une partie de cette gauche a transformé certaines communautés en clientèles électorales intouchables. Et qu’à partir du moment où des voix sont en jeu, les grands principes deviennent soudainement beaucoup plus flexibles.
Le problème aujourd’hui, ce n’est pas de combattre l’extrême droite.
Le problème, c’est de refuser de combattre les autres extrémismes avec la même énergie.
On peut combattre l’extrême droite.
Évidemment qu’il faut la combattre.
Mais si ce combat devient uniquement un outil politique pour fermer les yeux sur les autres extrémismes, alors ce combat perd toute crédibilité.