Stationnement vélo sécurisé : Angelina Chan interpelle la ministre Elke Van den Brandt en commission Mobilité
Interrogée par Angelina Chan (MR), Elke Van den Brandt (Groen) détaille le bilan du stationnement sécurisé pour vélos à Bruxelles. Locky a fait faillite et Sharelock a renoncé. Aucun financement régional ne soutenait le projet.
Publié par A JS
Résumé de l'article
L’expérimentation bruxelloise de stationnement vélo sécurisé s’arrête sans perspective de relance. Sharelock n’a jamais déployé son offre et les 17 stations Locky ne fonctionnent plus depuis la faillite. Interrogée par Angelina Chan, Elke Van den Brandt précise l’absence de financement régional. Le sort des garanties contre le vol reste sans réponse explicite.
Les 17 stations Locky de stationnement vélo sécurisé ne fonctionnent plus à Bruxelles. L’entreprise a fait faillite en juillet 2026, après une expérimentation lancée à l’été 2024. Bruxelles Mobilité ne prévoit aucune nouvelle initiative à court ou moyen terme pour prolonger ou généraliser ce dispositif.
En commission Mobilité, Angelina Chan, députée bruxelloise MR, a interrogé Elke Van den Brandt, ministre de la Mobilité. Elle souhaitait connaître le bilan de l’appel à projets lancé en 2023. Ses questions portaient aussi sur son financement, les équipements et les garanties contre le vol.
Vélos à Bruxelles : deux opérateurs, deux projets interrompus
Bruxelles Mobilité avait retenu deux entreprises proposant des solutions distinctes. Locky développait des arceaux connectés. Sharelock misait sur des cadenas intelligents, accompagnés d’une application et de services associés.
L’objectif consistait à proposer une solution intermédiaire entre les box sécurisés et les arceaux classiques. Le vol constitue toujours un obstacle à l’usage du vélo, rappelle la ministre. Selon le rapport 2025 de l’Observatoire du vélo, deux cyclistes interrogés sur dix avaient subi au moins un vol en deux ans.
Sharelock n’a finalement jamais déployé son offre dans la capitale. Bruxelles Mobilité et parking.brussels avaient accompagné l’entreprise dans ses recherches d’emplacements et ses contacts communaux. Selon Elke Van den Brandt, plusieurs difficultés ont conduit l’opérateur à renoncer.
La ministre évoque l’accueil mitigé de certaines communes et le risque d’un réseau trop incomplet. Elle cite également les résultats limités observés ailleurs. Sharelock a ensuite abandonné les cadenas connectés pour se concentrer sur l’assurance.
Aucun financement régional, précise la ministre
Angelina Chan estimait que l’expérimentation engageait de l’argent public, en plus d’occuper l’espace urbain. La ministre apporte une précision centrale. L’appel à projets ne prévoyait aucun financement régional.
Les opérateurs assumaient la production, l’installation et la maintenance des équipements. Leur modèle économique reposait sur les paiements des utilisateurs. L’accompagnement régional décrit par la ministre concernait notamment les emplacements et les échanges avec les communes.
Locky a installé 17 stations, principalement sur des voiries régionales. Elles se trouvent à Saint-Gilles, Ixelles, Bruxelles-Ville et Etterbeek.
Après 18 mois, le service comptait 2.522 comptes créés, dont 200 actifs, et une centaine d’abonnements. Il totalisait 1.565 sessions et près de 16.000 heures de stationnement sécurisé. La ministre reconnaît un usage limité, mais estime que le faible maillage empêche d’évaluer pleinement la demande.
Des équipements désactivés et une question sur les garanties
Elke Van den Brandt relève plusieurs résultats favorables. Aucun vol de vélo ni vandalisme physique n’a fait l’objet d’un signalement dans les stations. Aucun riverain ou commerçant n’a déposé de plainte, selon son bilan.
Des utilisateurs réclamaient une extension du réseau et plusieurs communes manifestaient leur intérêt. Locky n’a cependant pas réussi à financer les stations supplémentaires envisagées. Depuis sa faillite, les équipements ne fonctionnent plus et les abonnements sont suspendus.
La curatrice recherche un repreneur. Sans reprise, le retrait des stations devra suivre les modalités convenues avec Bruxelles Mobilité. La réponse ministérielle ne précise pas le maintien éventuel des garanties contre le vol, pourtant soulevé par Angelina Chan.
Pour Bruxelles Mobilité, un réseau plus dense permettrait de mieux mesurer l’intérêt de cette offre. Il faudrait également un soutien suffisant des communes. Malgré la fiabilité technique que souligne la ministre, aucune prolongation ni généralisation ne figure donc au programme.