« Arrêtez avec les nouveaux impôts ! » : Bart Verhaeghe dénonce un État belge trop coûteux et appelle à changer de méthode
Invité de la VRT, l'entrepreneur Bart Verhaeghe s'est opposé à toute nouvelle hausse d'impôts en Belgique. Alors que le gouvernement De Wever cherche à redresser les finances publiques, le président du Club Bruges appelle à réduire les dépenses et à recentrer l'État sur ses missions essentielles.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
« Arrêtez avec les nouveaux impôts ! » : Bart Verhaeghe critique la fiscalité belge et réclame un État plus efficace face aux négociations budgétaires.
« Plus de nouveaux impôts, plus de nouvelles charges. Nous sommes les champions du monde. Arrêtez ! » Invité mercredi 28 octobre de l'émission De Afspraak, sur la VRT, Bart Verhaeghe n'a pas mâché ses mots. L'entrepreneur et président du Club Bruges estime que la Belgique impose déjà trop lourdement ses citoyens et ses entreprises, et que le gouvernement devrait désormais s'attaquer aux dépenses publiques.
Cette sortie intervient alors que la coalition de Bart De Wever peine à s'accorder sur les mesures nécessaires au redressement des finances fédérales. Au cœur des discussions : la répartition des efforts entre les contribuables, les entreprises et les bénéficiaires des dépenses sociales.
"Stop ermee!" Ondernemer Bart Verhaeghe vraagt in De Afspraak geen nieuwe belastingen of lasten meer: "we zijn de kampioen van de wereld." Hij wil een efficiëntere staat die zich op zijn kerntaken richt, en wijst naar Zwitserse dorpen met één ambtenaar voor 600 mensen. (2026) pic.twitter.com/GVqaJ0u1kz
— Francis Flament (@FrncsFlmnt) October 29, 2026
« Pourquoi éteindre le poêle qui chauffe le plus ? »
Bart Verhaeghe s'oppose particulièrement à de nouvelles taxes sur les contribuables les plus fortunés. Selon lui, les personnes disposant des « épaules les plus solides » supportent déjà une charge fiscale considérable.
Pour illustrer son raisonnement, il recourt à une métaphore : pourquoi vouloir éteindre le poêle qui produit le plus de chaleur dans une maison ? L'entrepreneur redoute que de nouveaux prélèvements ne découragent ceux qui investissent, créent des emplois et contribuent au financement de l'économie.
Il affirme lui-même verser plusieurs dizaines de millions d'euros d'impôts chaque année à travers ses entreprises, un montant qui n'a pas été vérifié indépendamment.
Si son expression de « champions du monde » est excessive, les statistiques européennes confirment le niveau élevé de la fiscalité belge. Selon Eurostat, les impôts et cotisations sociales représentaient 45,1 % du PIB en 2024, contre 40,4 % dans l'ensemble de l'Union européenne. La Belgique occupait ainsi la troisième place de l'UE, derrière le Danemark et la France.
Un État plus efficace plutôt que de nouveaux prélèvements
Pour Verhaeghe, le véritable problème réside dans l'utilisation des ressources publiques. Il appelle à une administration moins lourde, davantage concentrée sur ses missions essentielles.
Il évoque notamment l'exemple de certaines communes suisses, qui fonctionneraient, selon lui, avec des effectifs administratifs particulièrement réduits. Cette comparaison doit toutefois être relativisée : l'organisation institutionnelle suisse diffère sensiblement de celle de la Belgique, et le ratio avancé par l'entrepreneur n'est pas établi comme une moyenne nationale.
Le gouvernement fédéral travaille déjà sur cette question. Le 18 juillet, le Conseil des ministres a approuvé la poursuite d'une analyse des missions essentielles de l'administration, destinée notamment à identifier les activités pouvant être réformées, supprimées ou réorganisées.
Verhaeghe s'est également exprimé sur les personnes en incapacité de travail, estimant que certaines profiteraient indûment de la sécurité sociale, au détriment de celles qui ont réellement besoin d'aide. Il s'agit toutefois de son appréciation personnelle, qui ne permet pas de mesurer l'ampleur d'éventuels abus.
Deux conceptions du redressement budgétaire
Ces déclarations s'inscrivent dans un débat qui divise les partenaires de la majorité fédérale. Le président de Vooruit, Conner Rousseau, défend une contribution supplémentaire des grandes fortunes et des hauts revenus. Il réclame notamment 1,5 milliard d'euros de recettes additionnelles auprès de ces catégories, afin de limiter les économies dans les soins de santé et les pensions.
Bart Verhaeghe défend l'approche inverse : avant de demander davantage aux contribuables, l'État devrait, selon lui, mieux maîtriser ses dépenses et améliorer son fonctionnement.
Reste à savoir si une réforme de l'administration permettrait de dégager suffisamment d'économies, et dans quels délais. Le niveau élevé des prélèvements belges ne suffit pas, à lui seul, à démontrer une inefficacité des services publics. Mais l'intervention de Verhaeghe illustre une question centrale des négociations budgétaires : faut-il encore augmenter les recettes de l'État ou chercher prioritairement à réduire ses dépenses ?